L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris sanctionne à nouveau une infirmière, d’origine maghrébine, pour avoir porté le calot. D’abord licenciée, elle a finalement été suspendue huit mois.
Infirmière depuis 2018 à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, Majdouline B. a été licenciée le 10 novembre 2025. La direction lui reprochait de porter « quotidiennement et en toutes circonstances » un calot, équipement de protection en tissu pourtant couramment utilisé dans les milieux médicaux et sanitaires, notamment au bloc opératoire et en réanimation.
Selon Blandine Chauvel, élue du personnel Sud Santé, Majdouline B. a reçu un courrier « en début de semaine » lui annonçant cette sanction pour port répété d'un couvre-chef sur son lieu de travail et son refus de le retirer.
À la suite d’une action en justice, ainsi que des campagnes de soutien à Majdouline, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé samedi 31 janvier avoir « modifié » la sanction prononcée initialement contre l’infirmière, après la décision de justice jugeant début janvier son licenciement « disproportionné ».
« Le juge des référés avait ordonné la réintégration de ma cliente, l'AP-HP ne l'a jamais fait et a prononcé une nouvelle exclusion », a déploré auprès de l'AFP l'avocat de Majdouline, Me Lionel Crusoé.
Depuis quelques années, les musulmanes sont ciblées spécifiquement et concrètement en France ; c’est surtout le port du voile qui est interdit pour les agentes du service public.
Pourtant, cet incident soulève de graves interrogations, tant sur le plan professionnel que sur celui des discriminations et des traitements racistes au sein des institutions hospitalières. Le port du calot, qui est une pratique courante dans les hôpitaux, répond avant tout à des exigences d’hygiène, de sécurité et de prévention des contaminations. Dans ce contexte, le fait de sanctionner une professionnelle de santé pour le port d’un équipement associé à l’hygiène met en cause la logique même de la décision prise et s'inscrit plutôt dans le cadre de mesures racistes et islamophobes.